Les symptômes d’une allergie alimentaire apparaissent rapidement après l’ingestion. Comment les reconnaître et quels seront les outils de diagnostic ?

Les symptômes d’une allergie alimentaire surviennent entre quelques minutes et quatre heures après l’ingestion. Ces symptômes peuvent aller de l’eczéma, l’asthme, les troubles digestifs à des réactions plus sévères à soigner sans plus attendre, comme l’œdème de Quincke ou les chocs anaphylactiques.

Les symptômes d’une allergie alimentaire : chez l’enfant et chez l’adulte

Les manifestations symptomatiques peuvent impacter tous les organes :

  • La peau : une dermatite ou de l’urticaire sont très fréquents en cas d’allergies alimentaires.
  • Le système digestif : des douleurs abdominales suivies de vomissements et d’un épisode diarrhéique peuvent apparaître, souvent associés aux problèmes cutanés.
  • L’arbre respiratoire : de l’asthme ou des rhinites sont des désagréments qui apparaissent parfois lors d’une réaction allergique.

D’autres symptômes peuvent être observables : pâleur, léthargie démontrée, hypotonie généralisée.

Les manifestations ne sont pas uniquement localisées. Dans les cas les plus graves, une réaction généralisée peut se produire : il s’agit du choc anaphylactique qui augmente alors le risque d’arrêt cardio-respiratoire.

Les symptômes chez l’enfant

La dermatite atopique, un des premiers symptômes d’une allergie alimentaire, est un eczéma qui apparaît préférentiellement chez les enfants. Cette première manifestation peut alors s’associer par la suite à un asthme. Des troubles digestifs sont également observés. Une association des trois symptômes n’est pas à exclure.

Les manifestations allergiques ont généralement lieu chez des enfants génétiquement prédisposés. Les conséquences sont gênantes, mais n’entrainent pas, dans la plupart des cas, de risques pour la survie de l’enfant.

Les symptômes chez l’adulte

Les manifestations de l’allergie alimentaire sont aussi variées que chez l’enfant mais peuvent se révéler beaucoup plus graves :

  • Le syndrome oral : manifestation la plus bénigne, elle consiste en une sensation de démangeaison au niveau du palais, de la gencive ou encore du pharynx. L’asthme peut aussi subvenir.
  • La réaction cutanée : de l’urticaire, sous forme ou non de dermatite, peut aussi apparaître.
  • Les chocs sévères :

•  lors de l’œdème de Quincke, on observe un gonflement spectaculaire du visage à peine quelques minutes après l’ingestion de l’aliment. Ce signe cutané s’accompagne de difficultés à respirer et d’un sentiment de mal-être général.

•  L’œdème de Quincke peut entraîner un choc anaphylactique. Le patient aura alors des démangeaisons, des problèmes respiratoires (toux…), des troubles de la fonction cardiaque et un risque mortel. Dans ces deux cas, il est impératif de réagir très rapidement.

Le diagnostic d’une allergie alimentaire

Les allergies alimentaires peuvent être très gênantes, voire dangereuses si elles ne sont pas traitées correctement : diagnostiquer la cause de ces allergies est une nécessité pour maintenir le patient dans un état de confort permanent.

Le diagnostic repose sur des éléments cliniques et biologiques :

  • Cliniques : interrogatoire minutieux, enquête alimentaire, réalisation de tests cutanés.
  • Biologiques : tests sanguins (dosage des IgE ou d’autres marqueurs).

Les tests biologiques peuvent s’avérer longs et compliqués : il faut s’armer de patience et de persévérance !

Les outils de diagnostic, en détail

L’interrogatoire

L’interrogatoire dure une vingtaine de minutes, il cherche à révéler le rapport du patient avec les données suivantes :

  • Les antécédents familiaux
  • Le rythme de manifestations évocatrices d’allergies alimentaires
  • L’association de symptômes
  • La pollinose existante (allergie aux pollens)
  • L’allergie au latex
  • Les manifestations à l’effort
  • L’asthme sans sensibilisation aux pneumallergènes (allergènes respiratoires)
  • Les particularités alimentaires du patient
  • Les dégoûts alimentaires
  • L’exposition cutanée ou respiratoire à des aliments (maraîchers, boulangers…)

L’enquête alimentaire

L’enquête alimentaire complète l’interrogatoire si celui-ci met en évidence un risque d’allergie. Le patient va noter les aliments qu’il consomme à l’aide d’un journal alimentaire hebdomadaire, en faisant particulièrement attention aux allergènes suspectés.  Cette enquête guide les choix de tests ultérieurs.

Le prick-test

Les prick tests sont des piqûres épidermiques qui introduisent l’allergène dans l’épiderme. En cas d’allergie, certaines piqûres présentent une inflammation après une vingtaine de minutes.

Dans la pratique, un test témoin négatif au sérum salin et un test témoin positif à la codéine (réaction obligatoire) sont effectués. Le test à l’allergène est positif si l’œdème équivaut au moins à celui du test témoin à la codéine.

Si le prick-test est négatif, des patch-tests de confirmation peuvent être conduits. Si ceux-ci sont positifs, des tests biologiques sont menés.

Le patch test

Le patch-test met en évidence une sensibilisation de type retardée. En effet, les allergies alimentaires ne sont pas toutes le fruit des IgE mais peuvent aussi résulter d’une activation lymphocytaire T.

Le test consiste à plaquer des substances sur le dos et à vérifier (en général au bout de 48 heures) si des réactions locales existent. La lecture des résultats est complexe et est de la compétence du médecin qui les pratique.

Les tests biologiques

Véritables tests de dépistage ou utilisés si le prick-test est douteux, ils peuvent être :

  • biologiques : identification unitaire d’IgE spécifiques
  • de provocations labiale et orale (preuve de l’allergie)

Ces tests doivent être faits à l’hôpital. Suite aux tests, l’allergène mis en cause sera caractérisé.

Traiter l’allergie alimentaire : l’éviction

Contrairement à certaines allergies respiratoires ou de contact pour lesquelles il existe des traitements de désensibilisation, il n’existe aucun traitement curatif pour les allergies alimentaires. Cependant, certaines d’entre elles peuvent disparaître naturellement.

Le principal moyen de traiter l’allergie alimentaire est l’éviction totale du ou des allergènes dans l’alimentation.

Cependant, l’éviction peut s’avérer compliquée :

  • Les allergènes peuvent être masqués : leur présence n’est pas assez clairement mentionnée sur l’emballage du produit
  • Les réactions croisées peuvent subvenir : une protéine de constitution proche de l’allergène alimentaire pourra alors déclencher une allergie.