L’allergie alimentaire est une réaction inadaptée et exagérée de l’organisme envers des protéines normalement inoffensives. Elles sont appelées allergènes.

Le processus de l’allergie alimentaire se déroule en deux étapes :

  • Une première présentation de l’allergène à l’organisme sensibilise celui-ci.
  • Une réaction se produit lorsque l’organisme rentre de nouveau en contact avec l’allergène : c’est l’allergie.

L’allergie alimentaire se manifeste après des contacts répétés avec l’allergène. La forme la plus connue des allergies alimentaires est l’allergie immédiate : celle-ci génère la production d’anticorps appelés IgE, dirigées spécifiquement contre l’allergène concerné.

Fréquence et prévalence : quand se présente l’allergie alimentaire ?

3,2% des Français sont actuellement concernés par l’allergie alimentaire : la fréquence et les caractéristiques de l’allergie alimentaire varient incontestablement selon l’âge.

L’allergie alimentaire chez les enfants

1 petit Français sur 12 est touché par l’allergie alimentaire (soit près de 900 000 enfants). Les allergies les plus fréquentes sont celles aux protéines d’origine animale (53% des cas).

Les allergènes mis en cause sont très différents selon les âges :

  • Les enfants de 1 à 3 ans sont les plus souvent frappés par les allergies alimentaires (1 enfant sur 3).
  • Chez le nourrisson, l’œuf, l’arachide et le lait sont les allergènes les plus fréquents. La forme la plus précoce est celle de l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV), qui peut apparaître à partir de l’âge de 3 semaines.

La prévalence de l’allergie à l’œuf et au lait diminue avec l’âge, tandis que l’allergie à l’arachide est durable.

A noter que jusqu’à 15 ans, ce sont les garçons qui sont les plus touchés par l’allergie alimentaire.

L’allergie alimentaire chez les adultes

Chez les jeunes adultes de 15 à 30 ans, 31% des allergies alimentaires ont commencé dans l’enfance. Il s’agit des allergies à l’arachide, à l’œuf, à la farine de blé, au poisson et au sésame.

Après 30 ans, les allergies alimentaires de l’enfance ont disparu (sauf de cas très rares d’allergies au poisson). Par contre, installée à l’âge adulte, l’allergie alimentaire guérit très rarement.

A l’inverse des enfants, chez les plus de 15 ans ce sont les femmes qui semblent le plus prédisposées à l’allergie alimentaire.

84% des adultes allergiques le sont à cause de protéine d’origine végétales.

Depuis quelques années, on assiste à la progression des allergies alimentaires aux fruits et légumes de la famille du latex (avocat, kiwi, banane, châtaigne) ainsi qu’au sésame et au lupin.

Les facteurs de risque d’apparition de l’allergie alimentaire

Plusieurs facteurs peuvent influencer l’apparition d’une allergie alimentaire :

  • La génétique : la personne a une capacité héréditaire à fabriquer des IgE
  • L’environnement : la personne est sensible à la pollution ou au tabagisme
  • L’alimentation : la personne a connu une diversification alimentaire parfois trop précoce

Le revers de l’alimentation moderne

Les nouvelles technologies augmentent significativement la probabilité d’allergies alimentaires :

  • L’utilisation d’ingrédients alimentaires, souvent masqués, servant à changer la saveur ou l’apparence d’un produit peuvent engendrer des risques d’allergies.
  • Certaines protéines peuvent contaminer les lignes de fabrication sur lesquelles elles sont utilisées : le passage d’un autre aliment entraînera alors une contamination involontaire
  • L’apparition de nouveaux aliments dans l’alimentation moderne favoriserait de nouvelles allergies. Par exemple, la noix de cajou et le kiwi sont des allergènes découverts récemment.

La théorie « hygiéniste »

La théorie dite « hygiéniste » propose une explication supplémentaire à la recrudescence des allergies: l’excès d’hygiène et la vaccination engendreraient une baisse des infections bactériennes dans la petite enfance.

Or, pour une évolution du système immunitaire dans un sens favorable, il est important que les enfants soient en contact avec les bactéries banales de l’environnement.

Les principaux allergènes alimentaires

90 % des allergies alimentaires correspondent à 14 catégories d’aliments :

  • Lait : plus précisément les protéines du lait de vache. On peut toutefois observer des allergies croisées avec le lait de chèvre ou de brebis.
  • Œuf
  • Arachide
  • Fruits à coque : il s’agit des fruits oléagineux, tels que les noix, noisettes et amandes. La noix de coco n’est pas un fruit à coque !
  • Blé : à ne pas confondre avec l’intolérance au gluten.  Les phénomènes immunologiques mis en jeu ne sont pas les mêmes. En savoir plus sur l’intolérance au gluten.
  • Poissons
  • Crustacés
  • Soja
  • Sésame
  • Moutarde
  • Sulfites : les sulfites sont utilisés comme conservateurs. On en retrouve dans la bière, le vin, le cidre, les fruits secs et certaines pâtes alimentaires.
  • Céleri
  • Lupin
  • Mollusques

Les allergènes incriminés dépendent également des habitudes alimentaires du patient :

  • Arachide et fruits à coque: en France, au Royaume Uni et aux Etats-Unis
  • Farine de blé et de maïs, tomate et pêche: en Italie
  • Poisson: dans les pays Scandinaves
  • Riz, mais aussi farine de blé et de sarrasin : au Japon.

Attention aux allergies croisées !

Quelqu’un qui est allergique au lait a de fortes probabilités d’être aussi allergique au lait de chèvre ou encore à l’œuf. En effet, cette personne est plus précisément allergique à un type de protéines qui peuvent être présentes dans différents aliments.

Autre exemple : les allergies au pollen peuvent se croiser avec des allergies alimentaires, comme l’allergie au pollen de bouleau avec celle à la pomme.

Allergie alimentaire versus intolérance alimentaire

L’allergie alimentaire est souvent confondue avec l’intolérance alimentaire. Or, ces deux réactions mettent en jeu des mécanismes totalement différents :

  • Dans le cas d’une allergie : le corps est sujet à une réaction immunitaire anormale à l’encontre des allergènes. Il libère alors des anticorps qui vont libérer d’autres molécules, responsables de l’apparition des symptômes.
  • Dans le cas d’une intolérance : le système immunitaire n’entre pas en jeu. Le corps n’est pas capable de digérer un aliment (ou un de ses composants) en particulier. Elle peut être due à l’absence d’une enzyme nécessaire à la digestion d’un composé de l’aliment.