Présentation de l’intolérance au lactose
Qu’est-ce que le lactose ?

Définition
Caractéristique du lait, le lactose est un sucre complexe, c’est-à-dire un ensemble de plusieurs sucres associés. Il est également présent dans tous les dérivés laitiers à savoir les beurres, les fromages…
Digestion du lactose
Ce sucre est digéré au niveau de l’intestin grêle grâce à une enzyme spécifique, la lactase (produite dans la partie haute de l’intestin).
Le mécanisme de digestion est relativement simple. En présence de lactase, ce sucre est coupé en 2 composants : 2 sucres simples, à savoir le glucose et galactose. Ces derniers sont alors assimilés de façon physiologique par l’organisme.
Mécanismes de l’intolérance au lactose
L’intolérance au lactose a pour origine une insuffisance ou une absence de lactase et peut être à vie ou temporaire.
Absence ou insuffisance en lactase
« L’intolérance se matérialise par la non-digestion du lactose. »
Dans certains cas, relativement rares tout de même, l’organisme est incapable de produire la lactase. Une défaillance génétique empêche sa synthèse. Cette enzyme, primordiale à la dissociation du lactose en glucose et galactose, est totalement absente, la dissociation n’a plus lieu. La personne est alors incapable d’intégrer le lactose : elle est déclarée intolérante.
L’absence de l’enzyme n’est pas la seule cause à cette intolérance. En effet, l’enzyme peut être présente mais en quantité trop faible. Dans ce cas, l’assimilation ne s’effectue pas non plus car il y a trop de lactose pour la quantité de lactase.
Déficit acquis ou temporaire
La lactase peut être présente en quantité trop faible dans l’organisme : soit de manière permanente, soit de manière temporaire.
La synthèse de la lactase s’effectue dès l’embryogenèse (formation de l’embryon humain) car, à la fin de la grossesse, le nourrisson a besoin d’assimiler le lactose qui lui est transmis par le lait maternel (ou le lactose des laits infantiles).
Dans certains cas, lorsque l’enfant arrête les biberons, le taux de lactase diminue naturellement et revient à une concentration d’une valeur de 10% du taux maximal obtenu.
Ce déficit est dit acquis car l’intolérance est irréversible. Sa seule cause est génétique.
La faible teneur en lactase peut cependant, pour d’autres, n’être que temporaire.
Elle peut être liée à un problème viral : un virus qui altérerait la partie supérieure de l’intestin où est produite la lactase.
L’intolérance peut également être liée à l'intolérance au gluten qui détruit les villosités de l’intestin.
Enfin, en cas de cancers, les traitements (chimiothérapie…) peuvent eux aussi jouer un rôle important dans cette pathologie. En effet, si la partie haute de l’intestin est détruite, la production de lactase est temporairement stoppée. Il faut alors plusieurs semaines pour que la paroi intestinale se reforme et permette ainsi la reprise de l’activité lactasique.
Prévalence de l’intolérance au lactose

« Le Sud est nettement plus touché que le Nord. »
L’intolérance au lactose est une pathologie qui varie en fonction des zones géographiques. En effet, plus de 50% des français y sont confrontés contre 5% dans les pays nordiques. Les populations les plus touchées étant les populations asiatiques (avec plus de 90% de personnes atteintes) et africaines (plus de 80%), à l’exception des peuples nomades d’Afrique du Nord.
Aujourd’hui, près de 80% de la population mondiale serait intolérante au lactose.
Peut-on parler d’allergie ?
La réponse est clairement négative. En aucun cas le système immunitaire n’entre en jeu dans le mécanisme d’intolérance au lactose, contrairement à l'allergie alimentaire.
En effet, l’intolérance au lactose se manifeste par une absence ou une insuffisance en lactase. La cause est génétique ou environnementale.
En cas d’allergie aux protéines de lait de vache, la personne sujette subit une réaction de son système immunitaire, suite à l’intrusion dans l’organisme de protéines. A l’inverse, l’intolérance au lactose ne met pas en œuvre de réaction contre un composant. Il s’agit simplement d’une impossibilité de l’organisme à assimiler un composant.
Il faut donc parler d’intolérance au lactose et non d’allergie au lactose.

